Étiquette : récit de survie et de transmission

  • Du réel au roman | Comment le mythe de Ziusuda à inspiré L’Arche des deux fleuves.

    Du réel au roman | Comment le mythe de Ziusuda à inspiré L’Arche des deux fleuves.

    Bien avant Noé et son arche, un autre homme, dans une autre langue, racontait déjà la fin du monde par les eaux. Cet homme, c’est Ziusudra, souverain de la cité sumérienne de Shuruppak, et héros d’un récit vieux de plus de cinq millénaires. C’est autour de cette figure historique et mythologique que se construit L’Arche des deux fleuves, un roman qui puise ses racines dans les textes les plus anciens de l’humanité.

    Couverture du livre 'L'Arche des deux fleuves' d'Éric Tasset, mettant en avant un arbre majestueux devant des montagnes, avec un fond aux teintes orange et bleu, et le texte 'Du réel au roman : le mythe de Ziusuda'.
    Le Déluge avant la Bible.

    Les premiers récits du Déluge n’apparaissent pas dans la Genèse, mais dans les tablettes sumériennes et babyloniennes, retrouvées au XIXe siècle dans les ruines de Ninive et d’Uruk. Parmi elles, une version particulièrement ancienne, le Mythe de Ziusudra, raconte comment les dieux décidèrent de détruire l’humanité par un grand cataclysme, et comment un roi pieux fut averti à temps, construisit un bateau et survécut.

    Ce mythe, bien que fragmentaire, est aujourd’hui reconnu comme l’un des ancêtres directs du récit biblique de Noé, du grec Deucalion ou encore du roi mésopotamien Uta-napishtim dans l’Épopée de Gilgamesh. Il témoigne de la puissance de la tradition orale et écrite en Mésopotamie, et de la manière dont les récits ont circulé, évolué, été traduits et réinterprétés au fil des siècles.

    Une reconstruction documentée.

    Dans L’Arche des deux fleuves, l’auteur choisit de reconstruire cette époque fondatrice, en s’appuyant sur les connaissances archéologiques, les récits antiques et l’environnement historique de 2700 av. J.-C. Le choix du narrateur, Hloden, un homme venu des Alpes, permet aussi un regard extérieur, curieux, presque ethnographique, sur les cités sumériennes, leurs rituels, leur vie quotidienne, et surtout leurs croyances.

    Ziusudra y devient un personnage de chair et de sang, prince préoccupé, homme pieux et visionnaire, confronté à des décisions terribles alors que la rumeur du Déluge enfle. L’arche du mythe devient dans le roman un symbole, certes spirituel, mais aussi technique et politique : un acte de survie, de foi, de transmission.

    Un pont entre histoire, mythe et fiction.

    L’auteur ne prétend pas réécrire l’histoire à la lettre. Il revendique au contraire une liberté romanesque, mais toujours nourrie par une documentation rigoureuse. Le roman devient ainsi un espace de résonance entre le passé lointain et les interrogations contemporaines : que transmet-on face à l’effondrement ? Quelle mémoire sauve-t-on ? Et que reste-t-il de ces hommes dont les noms ont traversé les millénaires dans des fragments d’argile ?

    Avec L’Arche des deux fleuves, le mythe ancien retrouve une voix moderne. Et ce qui pourrait sembler lointain ou abstrait devient soudain vibrant, humain et d’une brûlante actualité.

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