À l’occasion de la sortie de son nouveau roman « Les Promis de Saint-Michel », Daniel Mallet s’exprime dans un entretien exclusif avec l’Édition des Libertés ! Dans une entrevue exclusive avec l’édition des Libertés, Mallet partage les coulisses de son processus créatif, les défis rencontrés lors de l’écriture et la manière dont il a su mêler fiction et réalité historique pour donner vie à son récit. À travers ses mots, découvrez les inspirations et les recherches approfondies qui ont permis de donner naissance à cette œuvre unique, ancrée dans l’énigmatique et majestueux Mont-Saint-Michel, ainsi que dans les contrées nordiques du Moyen Âge.

1. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre inspiration pour choisir le Mont-Saint-Michel comme cadre de votre roman historique ?
L’idée d’écrire sur un moine et ses questionnements ainsi que sur les peuples scandinaves de l’époque médiévale faisait son chemin dans ma tête depuis quelque temps. Le Mont-Saint-Michel, avec son histoire, sa situation géographique, son passé, ses mystères et l’aura qui s’en dégage, s’est avéré être le cadre idéal pour ce récit.
2. Quels ont été vos principaux défis lors de la recherche et de l’écriture de ce roman, étant donné le contexte historique et géographique du Mont-Saint-Michel ?
Se documenter sur l’histoire du Mont à partir du bas Moyen Âge est relativement simple, les sources ne manquent pas. Cependant, les informations se raréfient lorsque l’on cherche à étudier le passé du Mont avant le Xe siècle. Une grande partie du roman se passe également en Scandinavie au haut Moyen Âge. Réussir à trouver des liens historiques réels entre le Danemark et le Mont-Saint-Michel du IXe siècle m’a fait passer de nombreuses heures dans les bibliothèques.
3. Y a-t-il des personnages historiques ou des événements spécifiques liés au Mont-Saint-Michel que vous avez choisis d’incorporer dans votre récit ? Si oui, pouvez-vous nous en dire plus sur votre processus de recherche pour les intégrer de manière authentique ?
Pour cette période de l’histoire du Mont, où une très petite communauté de moines était présente, je n’ai pas repris de personnages historiques, les moines cités sont tous fictifs. Mais pour ce qui est de la région normande (qui ne l’était pas encore), du royaume franc et du Danemark à cette époque, toutes les personnalités liées au pouvoir royal, les batailles, les attaques des Scandinaves, les noms des chefs « vikings », les membres du pouvoir religieux et le contexte historique sont réels.
Pour les intégrer de la manière la plus authentique possible d’un point de vue historique, il faut que le récit fictif s’adapte à l’histoire et non l’inverse. Historien de formation, je voulais respecter au maximum le contexte historique de cette époque. L’année 845 s’avérait parfaite historiquement parlant pour le début du récit médiéval. La fiction s’adapte ensuite en suivant les attaques, les raids et les interventions du pouvoir franc en Scandinavie. La ville d’Hedeby, au Danemark, et son histoire sont également réelles.
4. Comment avez-vous équilibré la fiction avec les faits historiques dans votre roman ? Avez-vous rencontré des dilemmes particuliers ?
J’ai partiellement répondu à cette question dans la réponse précédente, mais c’est avant tout l’histoire réelle qui va déterminer le récit. La ville d’Hedeby, au Danemark, était une place commerciale importante et les sources nous montrent que des moines s’y rendaient régulièrement pour effectuer des missions d’évangélisation. C’est ainsi que j’ai choisi cette ville comme lieu de rencontre pour ce moine et cette femme viking. Mais initialement, lorsque l’idée de ce roman est née, Hedeby n’était pas forcément le premier lieu choisi. Le récit s’est adapté au contexte historique.
Bien sûr, il y a eu des difficultés. L’histoire du Mont au IXe siècle est peu documentée et, n’ayant pas trouvé d’informations précises sur l’organisation des bâtiments de la montagne à cette époque, l’organisation des offices, etc., j’ai dû faire l’impasse sur certaines descriptions ou prendre quelques libertés en essayant de m’approcher au mieux d’une possible réalité. La description de la ville d’Hedeby a été faite d’après des reconstitutions archéologiques. J’ai essayé de rester fidèle à ces représentations, mais là encore, la réalité du paysage était peut-être différente.
5. Avez-vous fait une visite au Mont-Saint-Michel ? Si c’est le cas, a-t-elle influencé votre écriture et votre perception de ce lieu emblématique ?
J’ai effectué environ une dizaine de visites du Mont-Saint-Michel. L’idée d’écrire un roman historique sur ce thème viking/moine m’est venue sur la route qui me menait au Mont (comme dans le début du roman, d’où la présence de cette scène en ouverture). L’idée de situer une partie du récit sur la montagne m’est apparue lors de la troisième visite, elle fut déterminante. Certaines parties furent également écrites alors que je m’y trouvais, cela facilitait les descriptions des paysages.
6. Quelles sont les recherches que vous avez menées pour recréer l’atmosphère et le contexte historique du Mont-Saint-Michel dans votre roman ?
Outre les recherches en bibliothèque, j’ai eu la chance d’étudier l’histoire pendant de nombreuses années durant mes études, et en particulier l’histoire de la Scandinavie médiévale, thème de mon Master recherche. Cela a grandement aidé pour le contexte historique, que ce soit pour l’histoire « viking » ou celle du royaume franc. Pour le reste : la lecture de textes médiévaux, la littérature médiévale islandaise et norvégienne, des heures d’écoute de musiques médiévales, de chants grégoriens, de musiques traditionnelles vikings et la prise de notes permanente dans des lieux historiques ont grandement aidé à saisir l’atmosphère de cette époque.
7. Avez-vous découvert des faits ou des détails fascinants que vous avez inclus dans votre récit ?
L’histoire en elle-même est une chose passionnante où des détails fascinants sont cachés. Le fait d’observer tout ce que l’histoire nous a laissé et que nous utilisons tous les jours sans le savoir est très intéressant. Mon roman actuellement en cours d’écriture traite en partie de ce sujet.
En ce qui concerne le processus des recherches menées par Allan et Victoria et l’émotion qui s’en dégage, je me suis inspiré de mes propres expériences de recherches. Que ce soit sur des chantiers de fouilles, dans des galeries souterraines ou des salles d’archives, la découverte d’éléments sur le passé ne laisse jamais le passionné indifférent.
L’histoire des « Promis de Saint-Michel » est fictive, mais si l’on creuse un peu, des histoires fascinantes se trouvent un peu partout dans nos généalogies.éalogies.

