Dans la nuit du 29 au 30 juin 1934, le chancelier Adolf Hitler élimine les extrémistes de son propre parti, regroupés autour d’Ernst Röhm, chef des Sturmabteilung (SA). Cette purge, orchestrée par les SS et leur chef Heinrich Himmler, sera connue sous le nom de « Nuit des Longs Couteaux », une expression qui viendrait des SA eux-mêmes lorsqu’ils évoquaient une « deuxième révolution » en prévision de laquelle ils « aiguisaient leurs longs couteaux ».

Hitler élimine alors les chefs de la SA ainsi que plusieurs conservateurs et catholiques qu’il considérait comme des obstacles à sa prise de pouvoir. Röhm est surpris dans son sommeil par Hitler lui-même, revolver au poing, puis interné avec plusieurs autres chefs SA, six d’entre eux étant immédiatement fusillés. Parmi les principales victimes se trouvent Gregor Strasser, figure de l’aile « gauche » du NSDAP, et Karl Ernst, chef des SA de Berlin. Des SA de base sont battus dans les rues par les hommes de Himmler, certains étant abattus sans procès.
Deux officiers de la Reichswehr, le général Kurt von Schleicher, ancien chancelier, et le général Ferdinand von Bredow, sont également assassinés. Edgar Jung, conseiller du vice-chancelier Franz von Papen, et Erich Klausener, président de l’Action catholique, sont eux aussi abattus par les SS. Ernst Röhm, qu’Hitler hésitait à supprimer par amitié, est finalement assassiné en prison.
Cette purge crée un climat de terreur et met fin de façon radicale à l’esprit de faction qui avait longtemps déchiré le parti nazi. Après le décès du président Hindenburg le 2 août 1934, les électeurs allemands approuvent à près de 90% l’accession de Hitler à la présidence du Reich par le plébiscite du 19 août 1934. Cumulant cette fonction avec celle de chancelier, Hitler prend le titre inédit de Führer (« Guide »).
Cette élimination brutale des opposants internes consolide le pouvoir de Hitler et assure l’obéissance de l’armée, installant ainsi le IIIe Reich.
